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Echelle

subs, fém.

EchelleAppareil servant d'escalier portatif.

Une échelle se compose de deux montants reliés entre eux par des barreaux ou des échelons espacés régulièrement de 25 à 30 centimètres. Fig. 1278.

Les échelles sont simples ou doubles ; ces dernières sont formées de deux échelles semblables réunies au sommet par des ferrures ou compas en fer ou par une cheville à clavette ou écrou.

Pour les échelles simples, les montants sont le plus souvent parallèles et les échelons égaux de longueur.

Les montants des échelles doubles sont moins distants dans la partie supérieure de l'échelle que dans la partie inférieure, ce qui fait les échelons inégaux de longueur ; d'où la nécessité d'un tracé spécial, quand on ne trace pas d'élévation.

Pour tracer la longueur des échelons, on les place les uns au-dessus des autres (fig. 1279), en les mettant d'équerre suivant la ligne d'axe. La largeur du haut CA et celle du bas DB étant tracées sur ces barreaux, on tire les lignes AB et CD qui fixent l'arasement des barreaux intermédiaires sur leur arête supérieure.

La pente de l'arasement s'obtient en traçant deux lignes parallèles AB, CD (fig. 1280), à une distance égale à celle du dessus d'un échelon à un autre ; la différence de longueur de deux barreaux successifs portée sur ces lignes donne l'inclinaison à donner à la fausse équerre pour tracer les arasements et la pente à donner aux mortaises des montants, qui est la même.

Les montants des échelles demandant de la solidité sont faits avec des perches en frêne ou en aulne, dans lesquelles sont assemblés des barreaux en cornouiller employés de leur grosseur et assemblés à goujon ou tourillon et sans arasement et coincés.

Echelle de meunier. Escalier droit, de construction fort simple, servant généralement pour les caves, les entrepôts, les usines, les greniers, etc. ; elle se compose de deux planches tenant lieu de limons, distantes entre elles de la largeur que l'on veut donner à l'escalier dans lequel les marches sont entaillées et assemblées à tenons et mortaises.

Les échelles de meunier se font parfois sans contre-marches (voy. ce mot) (fig. 1281). Dans notre exemple, les moulures A du bord des marches recouvrent le dessus des limons et l'assemblage se fait par deux tenons ; et, pour que les marches ne se fendent pas, on fait porter leurs bouts ou embrèvement dans des rainures égales à leurs épaisseurs creusées dans les joues intérieures des limons sur une profondeur égale au tiers de ces limons.

Pour maintenir l'écartement des limons, on peut les lier de distance en distance par de petits boulons en fer placés sous les marches ou coincer les tenons ou bien prolonger en dehors, en tenons passants, les tenons de quelques marches que l'on traverse par des clefs.

Fig. 1282. Autres procédés d'assembler les contre-marches aux marches dans les limons découpés par des entailles.

Fig. 1283. Plan et rabattement d'un limon d'échelle de meunier avec contre-marche.

La ligne LT est la ligne de terre ; elle est parallèle au plan ou projection horizontale du limon ; le rabattement du limon ou sa projection verticale est obtenue en élevant des perpendiculaires du devant des marches en plan.

Echelle de proportion ou de réduction. Ligne droite divisée en parties égales, dont chacune représente l'unité de mesure adoptée.

Echelle de proportion ou de réductionUne échelle de proportion est à un, deux, cinq, dix centimètres par mètre, quand un mètre est représenté sur cette échelle par un, deux, cinq ou dix centimètres. L'échelle de 0,01 par mètre est dite au centième, celle de 0,10 par mètre est au dixième ; c'est la plus simple et la plus fréquemment employée ; elle n'exige pas de construction, le décimètre ou le double décimètre pouvant en tenir lieu. Fig. 1284.

Législ. Il est défendu de laisser sur la voie publique et même dans les champs des échelles. La loi (art. 471 C. pén.) punit d'une amende de 1 à 5 francs la contravention.

Tour d'échelle. On entend par tour d'échelle : 1° une portion de terrain que le propriétaire d'une construction, pour s'assurer la pleine liberté des réparations, laisse autour de sa clôture et sur son propre fonds ; 2° le droit qu'a le propriétaire d'une construction élevée à la limite de son héritage de faire passer des ouvriers sur le fonds voisin et d'y appuyer les échelles nécessaires aux réparations de cette construction. Pris dans ce dernier sens, le tour d'échelle ou échelage constitue une servitude. Notre ancien droit coutumier, en avait, fait une servitude légale en donnant à tout propriétaire d'une maison ou d'un mur contigu à un autre héritage un droit de passage sur le fonds voisin pour faire des réparations à ces constructions ; le Code civil n'ayant pas rappelé cette servitude parmi celles qui sont établies par la loi, le tour d'échelle ne constitue plus aujourd'hui qu'une servitude conventionnelle ne pouvant exister qu'en vertu d'un titre ; l'étendue en est déterminée par le titre même qui l'établit et, à défaut, par les usages des lieux ; dans le silence du titre, elle est généralement de un mètre.

La servitude de tour d'échelle peut encore être exercée comme conséquence d'une autre servitude légale, par exemple : 1° pour la réparation d'un mur mitoyen (art. 655 C. civ.) : 2° ou d'un mur non mitoyen dans un lieu où la clôture est forcée (art. 603 C. civ.) ; 3° ou encore en cas de nécessité absolue et moyennant le paiement d'une annuité.