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Equarrissement

subs. masc.

Action d'équarrir, de tailler un bloc de pierre, un corps d'arbre en une pièce prismatique rectangulaire.

L'équarrissement des bois est généralement fait en forêt par les bûcherons équarrisseurs.

La pièce à obtenir devant être un prisme et le tronc de l'arbre étant conique de sa base à son sommet, c'est donc sur l'extrémité du plus petit diamètre que sera cherché le rectangle devant donner l'équarrissage ; ce rectangle sera pris dans le cercle qui sépare l'aubier du bois parfait (fig. 1411), en laissant autour du bois parfait un peu d'aubier qui est enlevé lors du travail et qui protège le bois pendant le transport.

Lorsque le tronc de l'arbre est elliptique, le rectangle d'équarrissage est ordonné par le plus grand rectangle pouvant être inscrit dans l'ellipse d'équarration de l'aubier. Fig. 1412.

De même, lorsque la coupe d'un arbre ne présente pas un contour régulier (fig. 1413), on prend l'équarrissage dans la plus grande partie où l'on puisse inscrire le rectangle.

L'opération de I'équarrissement se fait donc en enlevant suivant la longueur du tronc des parties (appelées flaches) telles qu'il en résulte quatre faces à angles droits ou d'équerre entre elles.

L'équarrissement se fait de deux manières : à la cognée ou à la scie de long. La première est faite par les bûcherons et le bois à enlever est réduit en copeaux ; la deuxième est faite par les scieurs de long. Ce dernier moyen, plus coûteux, est préférable, parce qu'il permet de retirer par le sciage des flaches ou dosses pouvant être utilisées et dont la valeur peut compenser la différence entre le prix de I'équarrissement à la cognée et celui fait à la scie.

On applique l'un ou l'autre de ces moyens suivant la grosseur de l'arbre, la forme et la force de la dosse et le coût de la main-d'oeuvre.

Pour l'équarrissement à la cognée, l'arbre est d'abord établi sur des chantiers destinés à l'élever de terre ; on coupe ensuite avec le passe-partout (voy. scie) les deux extrémités carrément et on trace à ces deux extrémités les rectangles d'équarrissage qui doivent se correspondre absolument ; puis les entailles destinées à faciliter l'enlèvement de l'aubier sont faites de distance en distance (1 mètre pour le sapin ; 0m,70 pour le chêne), le long du tronc de l'arbre (fig. 1414), et toujours avec la cognée, on enlève les segments qui sont entre les entailles ; puis on plane les faces à la doloire (voy. ce mot) ; cette opération est faite par un bûcheron spécial appelé doleur.

L'équarrissement à la scie de long diffère de celui à la cognée, en ce que les extrémités des troncs d'arbres étant coupées carrément et les rectangles tracés, l'aubier est enlevé à la scie par les scieurs de long.

A cet effet, les pièces sont élevées sur des chevalets assez hauts pour que des scieurs puissent se tenir debout sous la pièce à scier.

Le deuxième scieur se place au-dessus de la pièce, élève et descend alternativement la scie dont le scieur du bas facilite la descente comme il aide à l'ascension. L'un des deux ouvriers guide la scie selon le tracé.

Les deux hommes marchent l'un à terre l'autre sur la pièce, à mesure que la scie avance. Quand celle-ci a parcouru une certaine longueur du tracé, on introduit dans le trait de scie, par le côté où celle-ci est entrée, un large coin en bois qui a pour but d'empêcher la vibration des parties séparées et, en maintenant les écartements, de faciliter le passage de la scie. Ce coin s'appelle bon dieu et le morceau de bois plat avec lequel on le force quand on ne peut plus le frapper directement s'appelle un chasse bon dieu. (Voy. ces mots.)