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Equerre

subs. fém.

Instrument en bois ou en métal servant à tracer les angles droits ou d'équerre, à élever des perpendiculaires et à vérifier les angles des différentes pièces équarries d'un travail.

Une équerre est composée de deux pièces : la tige et la lame assemblées à angle droit.

Dans I'équerre du menuisier et du charpentier la lame est plus mince que la tige ; d'où le nom d'équerre à épaulement. Elle est assemblée de son épaisseur dans son enfourchement pratiqué sur la tige où elle est collée avec soin ; un épaulement E y est quelquefois observé pour les grandes équerres. Fig. 1416.

On en fait de différentes grandeurs, employées à divers usages ; les plus petites servent à mettre le bois d'équerre, on les appelle équerres à corroyer ; celles plus grandes prennent le nom d'équerres à tracer et servent à tracer sur les pièces de bois les lignes perpendiculaires à leurs arêtes.

Les équerres prennent le nom de triangle, et particulièrement celles d'une certaine grandeur dont la tige et la lame sont reliées par une écharpe

Les équerres prennent le nom de triangle, et particulièrement celles d'une certaine grandeur dont la tige et la lame sont reliées par une écharpe

qui les maintient à angle droit ; d'où le nom d'équerre à écharpe. Fig. 1417. Les équerres doivent être faites avec des bois

qui les maintient à angle droit ; d'où le nom d'équerre à écharpe. Fig. 1417. Les équerres doivent être faites avec des bois

assez durs, très doux, bien de fil et surtout très secs, tels que noyer, poirier, charme, etc.

La lame en bois est quelquefois remplacée par une lame en acier qui est maintenue dans la tige au moyen de rivets.

Les équerres des serruriers, maçons, tailleurs de

pierre sont entièrement faites en métal, fer ou acier.

On vérifie l'exactitude d'une équerre en plaçant la tige sur la rive bien dressée d'une planche parfaitement dégauchie et en traçant une ligne suivant la lame ; I'équerre étant retournée et placée au même point, si la lame suit exactement le trait, c'est que I'équerre est juste, si au contraire elle ne l'est pas, les traits prendront l'une ou l'autre des positions indiquées en traits ponctués sur la figure 1418 qui font voir quel endroit de la lame il faut toucher pour que les lignes tracées coïncident dans toute leur longueur.

L'équerre d'onglet est celle dont la lame est assemblée avec la tige en formant un angle de 45 degrés ou la moitié d'un angle droit ; elle est

collée et ajustée suivant la diagonale d'un carré. Fig. 1419.

L'équerre d'onglet a le plus souvent la forme représentée par les figures 1420 et 1421 où le tracé et la coupe sont indiqués.

Cette équerre peut servir à trois usages différents : l'angle droit intérieur formé par les deux lames peut servir à la mise d'équerre et chacune des lames peut servir, l'une au tracé des lignes d'équerre et l'autre à celui des lignes d'onglet, en appuyant la tige qui les maintient contre la pièce à tracer. Les deux lames se croisent par entailles à mi-bois et sont collées dans la tige.

Ces équerres, ainsi que les précédentes, peuvent avoir les lames en acier pour offrir plus de résistance aux frottements répétés de la pointe à tracer. (Voy. ce mot.)

La fausse équerre ou sauterelle est une équerre à lame mobile qui sert au mesurage des angles et au tracé des fausses coupes.

La lame mobile en pivotant d'un bout sur un axe, vient s'encastrer dans une entaille ménagée dans la tige ; cette entaille comprend environ le tiers de l'épaisseur totale. Cette tige peut être faite d'une seule pièce ou se composer de deux règles

réunies et maintenues parallèles à l'extrémité opposée au pivot par une cale de même épaisseur que la règle collée et consolidée par deux rivures. Fig. 1422.

Les menuisiers et les charpentiers se servent aussi d'un genre d'équerre semblable à celles employées par les dessinateurs ; on lui donne le nom de pièce carrée : elle est faite en forme de triangle (fig. 1423 et 1424), et sert à vérifier le carrément à l'intérieur d'un bâti.

Les pièces carrées doivent également être faites en bois très sec. Pour les équerres isocèles (fig. 1423), le fil du bois doit être parallèle à l'hypothénuse A.

Pour les équerres scalènes (fig. 1424), le fil du bois doit suivre le plus grand des deux côtés adjacents à angle droit.

On doit les vérifier très souvent car, par les changements de température, elles sont sujettes à se déformer, c'est pourquoi il est toujours bon, dans un travail à angles droits, de s'assurer de l'égalité de la longueur des diagonales. (Voy. ce mot et carrément.)

Les équerres sont minces pour tracer sur le papier; mais ont de 4 à 6 lignes d'épaisseur quand elles doivent servir au tracé sur les bois.

L'équerre d'arpenteur dont se servent les géomètres est un instrument en cuivre en forme de prisme octogonal percé de quatre fentes déterminées par deux plans perpendiculaires entre eux et passant par l'axe. Fig. 1425.

Cet instrument sert à tirer des perpendiculaires sur le terrain et à tracer des alignements. Pour s'en servir, on le visse à l'extrémité d'une sorte de jalon disposé à la recevoir.

Equerre d'équarrissage, tige métallique se retournant à angle droit et qui est graduée sur les deux faces ; elle sert aux charpentiers à mesurer l'équarrissage des pièces de bois. Fig. 1426.

Equerre simple, pièce de tôle courbée à angle droit souvent renforcée par un congé, dont on se sert pour consolider les montants ou traverses dans les portes, châssis, fenêtres, etc. Fig. 1427.

Equerre double, bande de fer retourné à chaque extrémité à angle droit et servant à consolider une traverse à deux montants. Fig. 1428.

L'équerre simple des menuisiers n'ayant à maintenir que les assemblages de pièces de peu d'épaisseur est remplacée en charpente par des ferrures plus fortes que l'on incruste dans le bois d'une partie de leur épaisseur, quelquefois même de toute leur épaisseur; les extrémités sont retournées d'équerre pour former des crampons dans le bois. Fig. 1429.

L'équerre en T (fig. 1430), destinée à consolider un assemblage formé sur un point quelconque de la longueur d'une pièce. Dans les petits ouvrages on se contente d'une seule équerre mise sur la face la moins apparente. Pour les travaux plus importants il est sage de mettre une équerre sur les deux faces en les faisant concorder exactement

de façon que les mêmes boulons les traversent l'une et l'autre.

L'équerre double (fig. 1431), destinée à maintenir l'assemblage de deux pièces de bois sur le même point de la longueur d'une troisième pièce que nous figurons en coupe. Cette équerre se

compose de deux équerres sur champ, l'une en dedans, l'autre en dehors de l'assemblage ; ces équerres se terminent en crampons, se correspondent et sont traversées par des boulons communs. Les branches sont fixées par des clous qui ne doivent pas correspondre.

Ces équerres, quelle que soit la forme qui leur soit donnée, sont rapportées sur des assemblages qu'elles sont destinées à maintenir et à consolider ; elles empêchent ainsi que les angles formés par l'assemblage de ces pièces ne varient.