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Flotté >>

Flottage

sub. masc.

I. Men. Assemblage de deux pièces de bois dont l'une passe sur l'autre, soit que celle-ci soit plus épaisse, comme le jet d'eau et la pièce d'appui d'une

croisée ; soit que les deux pièces soient de même épaisseur et que les deux parements du travail doivent avoir un aspect différent. (Voy. assemblage.) Dans ce cas, un battant peut flotter sur une traverse ou réciproquement ainsi que les panneaux. Pour éviter les élégis trop grands que l'on serait obligé de faire sur ceux-ci, on les fait en deux épaisseurs, ce qui fait un arrangement de traverses et de panneaux pour chaque face, s'assemblant dans les battants qui ont l'épaisseur totale.

Fig. 1051. Coupe faite à hauteur de l'appui d'une porte dont les traverses sont à des hauteurs différentes et sont flottées ainsi que les panneaux.

II. Flottage des bois. Opération que l'on fait subir au bois en le laissant séjourner pendant trois ou quatre mois dans l'eau stagnante ou courante. Ce séjour dans l'eau a pour but de faire dissoudre rapidement la sève et les sels que le bois peut encore contenir, et par conséquent de hâter la dessiccation de celui-ci quand il est retiré de l'eau et exposé à l'air.

Quelques semaines de séjour à l'air, après une immersion de trois à quatre mois, suffisent pour rendre propres au travail les bois de charpente, sans avoir à redouter les inconvénients qu'ils présenteraient sans le flottage. Deux procédés sont employés pour le flottage des bois.

1° Le flottage à bois perdu, qui consiste à abandonner au courant de l'eau les pièces isolément. Ce procédé ne s'emploie guère que pour de petites pièces de bois et lorsque l'on a à sa disposition des ruisseaux assez fournis d'eau. Quelques ouvriers disséminés sur les rives, de loin en loin, suffisent pour remettre dans le courant les pièces qui auraient été arrêtées par un obstacle.

Le flottage par trains, qui se fait surtout dans les rivières. Il consiste à former des radeaux composés de pièces de bois placées les unes à côté des autres et fixées à des perches transversales au moyen de harts et de chevilles.

Ces radeaux prennent le nom de brelle ; les perches transversales s'appellent pouliers ; les traverses du haut et du bas se nomment riolles, et à bâbord et à tribord du radeau sont deux pièces plus importantes que les autres que l'on désigne sous le nom de gardes.

Le radeau ainsi formé est monté par des mariniers qui le conduisent soit au moyen d'un gouvernail formé d'une perche placée à l'arrière du radeau, soit par des déviations données à tribord ou à bâbord au moyen d'une perche faisant fonction de rame.

Lorsque plusieurs radeaux sont placés les uns à la suite des autres, cela forme un train.

Le transport par eau a donc un double avantage : celui de l'économie du transport et celui d'amélioration dans l'état du bois. Il faut avoir soin, dans le transport par rivière, de ne pas conduire les trains jusqu'aux points où remonte l'eau de mer par l'effet des marées, parce que le bois ainsi imprégné de sel devient très sensible à l'humidité et ne tarde pas à se pourrir.

Prix : Voy. assemblage, lambris.