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Fretter >>

Frette

subs. fém.

FretteBande de fer méplat et d'épaisseur variable à laquelle on donne, selon l'objet sur lequel on l'applique, la forme ronde, ovale, carrée, polygonale.

La frette sert à lier entre elles des pièces de charpente.

La frette simple est formée d'une seule bande de fer soudée aux deux extrémités. Fig. 1663.

La frette doit être placée à chaud, pour qu'en se refroidissant le métal serre davantage les pièces qu'il a mission de lier.

Il faut avoir soin de ne placer les frettes qu'à des bois très secs. On comprend, en effet, que l'effet que doit produire la frette serait annulé, si on lui donnait pour mission de serrer des bois qui sécheraient après sa pose. On a soin, avant de poser la frette, de donner un peu de dépouille à l'entrée, de façon à pouvoir chasser la frette vers la partie plus grosse du bois et augmenter d'autant le serrage.

Les moyeux des roues des voitures sont frettés. La frette, posée très chaude, doit brûler un peu le bois, s'imprégner dans lui et faire, pour ainsi dire, corps avec lui.

Outre les frettes simples, on emploie également des frettes de deux pièces (fig. 1664), pour bois réunis à plat ; les deux demi-circonférences se rejoignent par des oreilles serrées par boulons à vis et écrous. Cette même forme de frette, lorsque la pression n'a pas besoin d'être considérable, peut être faite d'une seule pièce en fer méplat (fig. 1665), et avec une autre oreille qui peut même, au lieu de boulons et d'écrous, être serrée par une clavette. Fig. 1666.

La frette sert également à garnir la tête des pilotis pour les empêcher de se fendre sous les coups du mouton ; presque généralement, la frette est enlevée quand le pêne est complètement battu ; elle sert aussi à enter les pieux, ou plutôt à consolider leur enture. On se sert, en ce cas, de la frette à deux joints a clavettes que reproduit la figure 1667, et que l'on met en place après avoir fait, dans le pieu, une encoche destinée à la recevoir.

De même que l'on fait des frettes circulaires en deux pièces, on fait des frettes carrées qui ont les mêmes dispositions. La figure 1668 en montre un exemple. Les oreilles sont placées aux angles diagonalement opposés, mais le serrage d'une frette de cette nature laisse toujours à désirer ; l'angle mort de la frette (on appelle angle mort l'angle dépourvu d'oreilles) faisant toujours arrêt au serrage. On se sert préférablement, pour fretter les pièces carrées, d'une frette composée de quatre brides terminées chacune par un bout cylindrique taraudé entrant dans l'?il d'une autre bride et serré par un écrou. Fig. 1609.

Enfin, la frette sert également à retenir les arbalétriers dans les embrèvements de leurs assemblages sur les tirants (fig. 1670). Ces longues frettes sont chassées en place à coups de masse, et retenues sur les faces inclinées par de forts clous ; on a soin de ne les percer d'aucun trou pour ne pas les affaiblir.