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Conservation (des bois)

subs. fém.

La dessiccation naturelle ou artificielle des bois doit précéder leur emploi ; les matières solubles contenues dans la sève étant susceptibles de fermentation deviennent une des causes de la détérioration du bois qui, exposé aux alternatives de sécheresse et d'humidité, se corrompt, s'altère et se pourrit d'autant plus rapidement qu'il contenait encore plus ou moins de sève. On doit donc chercher à faire disparaître cette sève, ou tout au moins à en amoindrir les effets, par la dessiccation ou par l'introduction dans le tissu fibreux d'agents chimiques destinés à cristalliser les matières solubles contenues dans la sève pour en empêcher la fermentation et la rendre inattaquable aux insectes.

La dessiccation naturelle des bois se fait par exposition à l'air libre ; c'est le système le plus ancien et le plus répandu.

La dessiccation par immersion ou par flottage, dans les courants d'eau, que l'on emploie surtout pour les bois durs, active la dessiccation par la dissolution des matières solubles contenues dans la sève.

Le flottage des bois a été inventé en 1549, par Jean Rouvet.

Les bois séchés à l'air libre et empilés, soit sous des hangars ou par piles couvertes à l'extérieur, demandent une moyenne de trois ans d'empilage avant d'être bons à employer ; ceux qui ont été flottés puis empilés peuvent être employés un peu avant.

La dessiccation ne doit pas se faire d'une façon trop rapide afin d'éviter que le bois ne se gerce. (Voy. bois.)

La dessiccation artificielle est produite en soumettant d'abord le bois à l'action de la vapeur dans un endroit clos en maçonnerie. Cette opération, qui prend le nom de lessivage, est suivie de l'essorage, qui consiste à étaler les bois pendant un mois environ dans un local bien aéré et bien sec ; de l'essorage, les bois sont portés à l'étuve, salle où la chaleur est maintenue de 25 à 30 degrés ; cette opération ou étuvage dure un mois également.

Les bois desséchés par ce procédé deviennent cassants et très sensibles aux changements de température.

La conservation des bois par injection est opérée en introduisant dans les canaux parcourus par la sève un liquide antiseptique, tel que : le sulfate et le pyrolignite de fer, un mélange de sulfate et de sulfure de baryum, le chlorure de zinc, le sublimé corrosif, la créosote et le sulfate de cuivre.

Tous ces réactifs sont injectés par succion, par immersion et par pression.

Le procédé par succion a été inventé par M. Boucherie, en appliquant la théorie de la sève ascendante. Il consiste à entourer le pied d'un arbre encore debout ou récemment abattu, ayant encore ses feuilles, d'un réservoir contenant une dissolution de sulfate de cuivre ou de pyrolignite de fer ; la force ascendante de la sève détermine l'absorption du liquide au moyen de deux entailles pratiquées sur le tronc de l'arbre.

Cette opération, qui ne peut se pratiquer qu'en forêt, a été remplacée par M. Boucherie par l'infiltration sous une pression assez forte dans le sens des fibres longitudinales du liquide antiseptique. La dissolution, qui sort d'un réservoir assez élevé, est amenée par un tube sur l'extrémité de la pièce ou sur un trou pratiqué au milieu. Par la pression, le liquide se trouve chassé à l'extrémité opposée.

Parmi les bois injectés, le chêne est celui qui se laisse le moins facilement pénétrer.

La coloration artificielle des bois se fait par le même procédé, en remplaçant les liquides antiseptiques par des liquides colorants.

Le procédé par immersion dans un bain de sublimé corrosif, qui est employé dans le procédé Kyan, donne de bons résultats.

L'injection des bois par pression consiste à mettre les bois dans un appareil ayant une pression de plusieurs atmosphères, où il suffit de deux heures pour faire injection. Ce procédé a été mis en pratique par M. Payn et perfectionné par MM. Léger et Fleury-Pironnet, d'après l'idée de M. Bréant qui l'avait conçue.

Les matières employées dans l'injection des bois, telles que le sulfate de cuivre ou le pyrolignite de fer, n'empêchent pas seulement la corruption du bois, elles rendent sa combustion plus difficile, en même temps que les fibres du bois se trouvent durcies, ce qui permet d'employer des bois qui jusqu'à présent n'étaient pas employés parce que trop tendres.

La carbonisation des bois s'applique à la partie des pièces de bois qui doit être fixée au sol.

Les bois travaillés ou ouvrés sont protégés ou conservés par différents enduits tels que la peinture à l'huile, l'huile de lin appliquée à chaud, l'encaustique à la cire, le goudron, etc., qui sont employés suivant la destination du travail.