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Débit (des bois)

subs. masc.

Système de débit des boisOpération ayant pour but de diviser les arbres selon les dimensions établies de longueurs, largeurs ou épaisseurs ou échantillons usités dans les travaux, tels que planches, doublettes, madriers, chevrons, etc., en apportant à cette opération cette préoccupation de tirer d'une pièce de bois la plus grande quantité d'échantillons possible, tout en sciant le bois selon le sens le plus favorable à son emploi, c'est-à-dire suivant la direction de la maille ou rayons médullaires. (Voy. ce mot et bois.)

Après avoir coupé le tronc par billes dont la longueur est proportionnée à l'épaisseur et l'avoir écorcé, on trace sur les deux bouts la division des pièces que l'on veut en tirer ; des lignes battues au cordeau réunissent extérieurement les tracés faits sur les bouts et marquent le passage de la scie.

Ce tracé doit être fait avec grand soin, et les lignes battues sur la surface de la bille doivent être absolument parallèles et se correspondre deux par deux, afin que les planches n'aient pas de gauche, ce qui en diminuerait la valeur et pourrait même les faire rebuter.

Ce travail de sciage, qui se faisait autrefois par les scieurs de long, se fait le plus souvent aujourd'hui par des machines.

Le système de débit employé le plus fréquemment est celui représenté par la figure 1169, où les pièces sont sciées parallèlement les unes aux autres, sans tenir compte des rayons médullaires ; il est le plus prompt et celui qui produit le moins de déchet. Dans ce système, appelé sciage sur couche, on obtient des planches très variées ; comme largeur et qualité, celles du milieu B sont dans le sens de la maille, qui les maintient droites en largeur, tandis que dans celles qui sont aux extrémités comme celle A, sont traversées par les mailles dans le sens de l'épaisseur, telles que A', ce qui fait qu'elles sont sujettes à se rétrécir, à se fendre et à se courber comme il est indiqué en A".

La figure 1170 est une modification du premier système ; dans celui-ci, on prend des planches de même largeur, les dosses (voy. ce mot) sont débitées en échantillons différents.

Pour éviter les défauts produits par le débit dans le sens perpendiculaire à la maille, on emploie plusieurs méthodes qui ont pris leur origine en Hollande. Elles consistent à scier le bois par tranches parallèles et perpendiculaires les unes aux autres, en se rapprochant le plus possible de la direction des rayons médullaires. Ces systèmes ont le double avantage de donner des bois débités sur maille ou sur quartier, ainsi que des planches et des échantillons différents.

Dans ces différentes méthodes, les pièces les plus larges sont en pleine maille, celles de moyenne largeur sont dites à demi-quartier. Elles le sont moins à mesure qu'elles deviennent plus étroites ; ces dernières, dont la maille est oblique, sont employées de préférence pour les bâtis assemblés qui demandent du bois pas complètement sur maille parce que l'épaulement des mortaises est alors plus sujet à se fendre.

La méthode indiquée par la figure 1172 est due à M. Moreau, ancien marchand de bois à Paris.

Les figures 1171, 1172 représentent les principaux systèmes que l'on emploie pour arriver à ce résultat. Dans certains d'entre eux, les troncs sont écartelés en quatre et quelquefois six quartiers par des traits de scie passant dans le cœur. Les traits de scie des autres pièces sont également inclinés par rapport aux deux premières faces, en rayonnant vers le centre. Fig. 1173.

Système de débit des boisL'examen de ces figures fait voir que ce genre de débit, qui est préférable pour la qualité des bois, produit beaucoup de déchet et occasionne beaucoup plus de main-d'œuvre. La figure 1174 comporte quatre systèmes différents pour chacun des quartiers A, B, C, D.

On débite également les bois selon la méthode hollandaise qu'indique notre figure 1175 ; mais cette méthode a l'inconvénient de donner des planches qui diffèrent toutes de largeur, et dont les bords ne sont pas équarris.

On peut également débiter suivant la méthode indiquée par notre figure 1176, qui donne des madriers en plein bois d'environ du tiers de la grosseur de la bille et de tout son diamètre, et qui fournit ensuite des planches plus étroites A ou des madriers B en ne laissant que quatre cantibais.

Tracé de sciage du boisComme variante à la méthode Moreau, que donne notre figure 1172, on peut débiter selon le tracé de notre figure 1177, qui consiste à lever le madrier principal et les deux madriers centraux qui lui sont perpendiculaires et à lever ensuite, parallèlement à ces derniers, des madriers de troisième largeur.

Dans un atelier de menuiserie, on donne le nom de débit à l'opération qui a pour but de tracer et de scier à leur longueur et à leur largeur les différentes pièces qui doivent composer un travail, telles que battants, traverses, panneaux, etc.

Le tracé consiste à éviter avec soin tous les défauts, tels que nœuds, gerces, aubier, etc., qui peuvent se trouver dans la pièce de bois que l'on veut employer ; les endroits douteux doivent être tâtés ou mis à découvert à l'aide du rabot pour se rendre compte de l'état du bois. Le tracé se fait à l'aide du cordeau ou de la règle soit au blanc, à la craie ou au crayon.

On doit aussi éviter de faire des déchets ou de la perte (voy. ce mot) en ne laissant que des bouts susceptibles de pouvoir être employés.

Fig. 1178. Planche tracée pour le sciage sur laquelle sont tracés 2 battants et 3 traverses.

Pour faciliter le travail d'un ouvrage à débiter, il est indispensable de dresser une liste ou tableau de débit, appelée pancarte dans les ateliers, et qui se fait habituellement sur un bout de feuillet ; elle est disposée par colonnes, où sont indiquées la nature des pièces, battants, traverses, au moyen des signes d'établissement, les épaisseurs, les longueurs, les largeurs et la quantité des différentes pièces, la nature du bois étant indiquée en tête, ainsi que la nature du travail.

La figure 1179 montre la disposition d'un tableau de débit ; la colonne des quantités doit être plus large, afin de pouvoir indiquer par des traits la quantité de morceaux débités.