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Menuisier >>

Menuiserie

subs. fém.

Art de travailler et d'assembler les bois pour en faire des ouvrages de clôtures, de revêtements et d'ameublements, etc.

La menuiserie se distingue de la charpente en ce qu'elle emploie des bois plus faibles, plus menus, (minutarius, d'où menuisier), et aussi par plus de précision dans les coupes et les assemblages ainsi que par une main-d'œuvre plus achevée et plus minutieuse.

La menuiserie se divise en quatre parties distinctes :

1° Menuiserie de bâtiment, qui comprend la menuiserie de clôture, telle que : portes, croisées, persiennes, volets, et autres parties mobiles servant de fermetures ; la menuiserie de distribution et revêtement, telle que cloisons, parquets, lambris, ouvrages de décoration, etc., destinés à rester en place.

Roubo donne à ces deux divisions de la menuiserie de bâtiment le nom de menuiserie mobile et de menuiserie dormante.

2° La menuiserie ébénisterie qui concerne les meubles en bois massifs ou plaqués, les bois de siège, tels que fauteuils, canapés, etc., et qui met en œuvre les bois français et étrangers.

3° La menuiserie en voiture, qui fait les caisses de voitures, telles que coupés, landaus, etc.

4° La menuiserie de modelage, qui établit les modèles des machines ou autres objets devant être fondus.

Roubo rattache également à la menuiserie les layetiers emballeurs qui font les malles, les layettes, les caisses, etc., et les treillageurs qui font les treillages de jardin.

Les bois destinés à la menuiserie doivent être parfaitement secs et sans défaut ; condition absolument indispensable d'un bon travail.

Les principaux parmi les bois durs employés dans la menuiserie de bâtiment et dans l'ébénisterie sont : le chêne, le châtaignier, le hêtre, le noyer, le cerisier, etc. ; le cormier, le charme sont employés pour l'outillage.

Les bois tendres les plus employés sont : le peuplier ou bois blanc, le grisard, le tilleul, le pin, le pitchpin, etc.

Les bois exotiques ou étrangers, à part l'acajou très utilisé dans l'ébénisterie, sont rarement employés en menuiserie. (Voy. bois.)

La menuiserie fut de toutes époques. Les édifices les plus anciens, les vestiges qui nous restent des temps les plus reculés, témoignent de la préoccupation qu'avaient les hommes de tirer du bois des travaux de protection ou d'ornementation de leurs demeures. Sans vouloir remonter à la très problématique arche de Noé, qui eût été déjà un travail intéressant de charpente et de menuiserie, il suffit de parcourir les ruines des temples égyptiens et indous pour trouver partout la trace de travaux de menuiserie.

A des époques plus rapprochées, quoique encore lointaines, les Grecs, les Romains tinrent en grand honneur les œuvres du menuisier et leur firent une place importante dans leurs édifices publics, dans leurs palais, dans leurs demeures particulières.

Il est tout naturel que les hommes aient, de tous temps, pensé à tirer profit d'une matière aussi facile à travailler que le bois. A mesure que l'outillage se perfectionne, les travaux se perfectionnent également et les travaux abrupts des premiers âges ne sont, en somme, que le point de départ, l'embryon des œuvres d'art qui s'exécutèrent avec du bois à des époques plus rapprochées de nous, au moyen âge, à la Renaissance, au XVIIe, au XVIIIe siècle et de nos jours.

A mesure que l'outillage se perfectionna, l'homme dut s'ingénier à trouver les moyens de faire tenir entre eux, d'allonger, de développer ces divers morceaux de bois dont il voulait se servir. L'Art de la menuiserie est né de ces recherches constantes et Roubo, menuisier du roi Louis XV, réunit dans son traité, précisa, mit au point les résultats de toutes ces recherches. Il constitua une sorte de grammaire de la menuiserie et donna une solution définitive à tous les problèmes que cet art comporte. Avec lui, s'établirent définitivement les règles et principes d'après lesquels le bois doit être travaillé.

Ces règles et principes continuent d'être en vigueur, et sont appliqués tels que Roubo les a définis.

Mais il faut bien reconnaître que si Roubo a rendu un très grand service à la menuiserie en condensant dans son ouvrage, en réunissant sous une forme précise et claire les lois selon lesquelles le bois doit être travaillé, il faut bien reconnaître qu'avant lui les maîtres menuisiers avaient déjà produit des chefs-d'œuvre. Il suffit de parcourir, en France ou à l'étranger, les travaux exécutés au moyen âge, à la Renaissance, pour se rendre compte que les traditions, les procédés, se transmettaient de génération en génération et que ces ouvriers, qui n'avaient pas alors à leur disposition les traités précis qui ont été faits depuis, n'en ont pas moins créé des œuvres merveilleuses qui font notre admiration aujourd'hui encore.

L'honneur de Roubo aura été de réunir toutes ces traditions, d'assembler tous ces procédés et d'en faire un guide pratique d'après lequel se peuvent exécuter tous les travaux de menuiserie.

Il n'est guère probable que la menuiserie pousse plus loin qu'elle ne l'a fait depuis le moyen âge jusqu'à nos jours la perfection de ses travaux. Tout ce que l'on peut obtenir et tirer du bois a été obtenu et tiré ; la sculpture sur bois a été poussée aussi loin que possible et a atteint son apogée de minutie, de patience, de fouillement. On changera les formes, on modifiera les styles ; mais les principes resteront semblables et les résultats ne dépasseront pas ceux déjà acquis.

Menuiserie métallique. On donne ce nom aux travaux qui se font habituellement sur bois, c'est-à-dire en menuiserie ordinaire, et que l'industrie moderne arrive à exécuter avec du fer.

Les débuts de cette industrie particulière ont été d'abord modestes. On se bornait à exécuter en fer quelques pièces détachées, comme des jets d'eau, par exemple. Puis, dans beaucoup de circonstances, la persienne en fer remplaça la persienne en bois, les rideaux métalliques prirent dans les devantures des magasins la place des volets. La voie était indiquée et devait forcément s'élargir.

Aujourd'hui, dans plusieurs constructions récentes, le fer a complètement remplacé le bois. Les huisseries sont en fer, les portes intérieures et extérieures, les croisées ; la devanture de magasin n'a plus seulement ses rideaux en fer, mais elle est entièrement métallique, et l'on a même imaginé tout un jeu de consoles (pour le tableau), de rosaces et autres motifs décoratifs, également en fer ou en fonte, qui viennent s'appliquer sur la carcasse métallique. Le tout, bien peint en simili, joue parfaitement l'aspect d'une devanture en menuiserie.

Il n'est pas douteux que ces essais, encore timides et peu nombreux, ne soient répétés plus fréquemment, et les industriels du fer ne s'arrêteront certainement pas à ces quelques tentatives. La menuiserie pourrait bien avoir là, un jour, un concurrent fort redoutable.

Les ajustements intérieurs, rayonnages, vitrines, bibliothèques se font également en métal. Des industries très importantes se sont montées depuis quelques années pour l'établissement de ces divers travaux, et il faut bien reconnaître que les résultats obtenus sont fort intéressants et commandent l'attention.