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Louis XII (Style) >>

Louis-Philippe (Style)

Il ne saurait être fait qu'une très courte mention de cette partie de notre art décoratif. Ce que l'on est convenu d'appeler style Louis-Philippe ou bien Renaissance Louis-Philippe n'est qu'une déformation très malheureuse de la Renaissance.

Les cartouches, les cuirs, les personnages à toquets et à juste-au-corps forment presque toute la base de cette ornementation qui n'eut que très peu de durée, de 1830 environ jusqu'à 1850. Ce fut un essai. La dynastie qui régnait en France voulait effacer tout souvenir du régime impérial précédent. On s'ingénia alors à trouver un style qui caractérisât l'époque nouvelle, sans être une réminiscence des styles antérieurs.

Il ne fallait pas que le régime nouveau, qui se présentait avec des idées et un programme politique tout différents de ceux des monarchies précédentes, eût l'air de leur emprunter quelque chose au point de vue décoratif. D'où l'essai ornemental qui a pris rang sous la dénomination de style Louis-Phillippe et qui a eu, comme il est dit ci-dessus, une existence très éphémère qu'il suffit de signaler.

Que seront les recherches faites par les ornemanistes pour trouver un style nouveau ? Quel est le sort réservé à ces recherches ? L'avenir seul pourra le dire.

Mais ce que l'on voit très nettement, c'est la portée considérable sur notre art décoratif des trois styles qui viennent d'être décrits : Louis XIV, Louis XV, Louis XVI. Comme il a été dit, le Louis XII et le Louis XIII n'étaient que des variantes des styles précédents et rappelaient plus ou moins l'Ogival et la Renaissance.

Avec le Louis XIV commença une période nouvelle qui est demeurée et demeurera classique ; le Louis XV et le Louis XVI qui suivirent, tout en n'étant qu'une transformation du Louis XIV, comme il a été démontré plus haut, imprimèrent aussi de très énergique façon leur trace sur notre art décoratif et, avec le Louis XIV, constituèrent une période brillante de notre décoration. Les cent cinquante années environ qui s'écoulèrent depuis le commencement du règne de Louis XIV jusqu'à la mort de Louis XVI forment, au point de vue de l'art ornemental, un ensemble compact, bien solide, auquel nous devons une grande partie de nos richesses artistiques.

Le goût moderne a consacré la valeur de ces styles en se les appropriant, en les copiant, en les appliquant à nos demeures.

Le Louis XVI, encore très rapproché de nous, se copie d'une façon presque servile — tant au point de vue des formes qu'au point de vue de la coloration. — Il n'est pas jusqu'aux étoffes que l'on ne refasse exactement semblables pour recouvrir des sièges ; et la recherche est allée jusqu'à reprendre les procédés de dorure dont on se servait alors.

Le Louis XV moderne, comme nous l'avons dit, s'inspire plus de l'époque de la Régence que de la période Rococo. Nos appartements, comme menuiserie aussi bien que comme ameublement, quand ils sont de ce style, sont décorés selon les formes et selon le goût qui furent en faveur sous la Régence.

Le Louis XIV est surtout recopié d'après les travaux qui ont signalé la dernière période de ce règne.

L'exiguïté de nos habitations actuelles ne permet pas l'emploi du Louis XIV fastueux et magnifique, grandiose, exigeant des pièces considérables, des hauteurs de plafonds énormes, des emplacements dont nous ne disposons plus aujourd'hui.

On a été forcé de se limiter et nos créations modernes ne sont, en style Louis XIV, qu'une copie un peu amoindrie de cette époque extraordinairement brillante.

Mais ce qui devait être signalé en terminant l'étude de ces styles, c'est leur portée considérable sur notre art décoratif et l'importance énorme qu'ils ont eue sur notre ornementation.