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Plafond

subs. masc.

Plafond à compartiments et à caissonsI. Men. et Arch. Surface horizontale, droite ou cintrée, formant la partie supérieure d'une pièce d'appartement, d'un ébrasement de porte ou de fenêtre ou le dessous d'un escalier. Les plafonds ont été, dès la plus haute antiquité, l'objet des efforts artistiques des constructeurs.

Vitruve dit que les plafonds antiques étaient faits de bois précieux et d'ouvrages de marqueterie et de marbrerie fort riches dans lesquels l'ivoire, le bronze, la nacre étaient employés.

Les plafonds étaient dans l'antiquité formés de dalles peu épaisses supportées par des poutres en pierre. Ces dalles étaient sculptées ou peintes. Les Egyptiens, les Grecs, les Romains ont laissé dans leurs monuments des plafonds de ce genre.

plafond en bois sculpté de la cathédrale de Lisieux, époque Henri IICe ne fut que plus tard, à l'époque romano-byzantine que les plafonds en charpente apparente furent employés dans les édifices religieux. Le style ogival, avec ses voûtes à nervures, fit de nombreuses applications de ces plafonds à charpente apparente. Très souvent les arêtes des poutres, solives ou poutrelles étaient moulurées.

Mais ce fut avec la Renaissance que se rétablit vraiment l'usage du plafond à caissons en menuiserie, dont les anciens avaient fait un si fréquent emploi avec la pierre. Ce furent alors les combinaisons les plus variées de poutres et de solives formant entre elles des compartiments caissons de style henri IIde toutes formes. Ces compartiments (voy. caissons) étaient unis (fig. 3135. Plafond exécuté par M. Lavaud, menuisier à Marly d'après les dessins de M. Lesourd de Beauregard, architecte) ou garnis de sculptures ou de peintures dont on couvrait souvent même les pièces de bois qui formaient ces caissons.

La figure 3136 représente un fragment du très beau plafond en bois sculpté de la cathédrale de Lisieux, il date du XVIe siècle, époque de Henri II.

Compartiments de plafonds Henri IILes figures 3137, 3138, 3139, 3141 donnent les variantes de quelques caissons.

Les figures 3142, 3143, 3144, 3145 sont, d'après Androuet du Cerceau (XVIe siècle, époque Henri II), des spécimens de décors pour compartiments de plafonds.

En dehors des périodes du Moyen-Age et de la Renaissance, les charpentes et poutrelles des plafonds furent rarement apparentes. La plupart du temps les plafonds furent constitués par des motifs d'architecture ou d'ornementation selon le style de l'époque. Il faut cependant faire une exception pour les plafonds Louis XIII et Louis XIV (surtout au début de ce dernier règne), qui empruntèrent souvent la disposition par caissons :

plafond XVIIe siècle, époque Louis XIVLa figure 3146 montre un plafond XVIIe siècle, époque Louis XIV, d'après Jean Lepautre.

La figure 3147 est un plafond XVIIe siècle qui décore une partie de la salle des manuscrits à la Bibliothèque nationale à Paris (ancien hôtel Mazarin). Le plafond est en menuiserie ; les cartouches et les caissons sont garnis de peintures et les frises qui bordent le plafond à droite et à gauche sont recouvertes de rinceaux sculptés.

plafond XVIIe siècle

Moulures plafond XVIIe siècleMoulures plafond XVIIe siècle

Les figures 3148, 3149, 3150 donnent les profils principaux des moulures.

Fig. 3151. Plafond d'après Lepautre, XVIIIe siècle, époque de Louis XIV.

Plafond d'après Lepautre, XVIIIe siècle, époque de Louis XIV.

Les installations des appartements modernes adoptent assez souvent les plafonds en menuiserie, soit avec poutrelles saillantes, comme sous Henri II, soit à caissons.

La figure 3152 représente un plafond à poutrelles, genre Henri II, exécuté par M. Bonhomme, menuisier à Paris, d'après les dessins de M. Février, architecte. La figure 3153 montre le détail de la grande poutre, dont la figure 3154 est la coupe. La figure 3155 est la petite solive contre le mur ; la figure 3156 est la coupe d'une petite solive.

plafond à poutrelles, genre Henri IIplafond à poutrelles, genre Henri II

La figure 3157 est l'ensemble d'un plafond exécuté par M. Pagé, menuisier à Paris, d'après les dessins de M. Boileau, architecte. Nous en montrons le détail dans la figure 3158. Ce plafond décore la salle à manger de l'ancienne résidence de Mme Boucicaut, à Fontenay-aux-Roses ;

Plafond à caissonsPlafond à caissons

La figure 3159 est l'ensemble d'un plafond à caissons, en menuiserie ; la figure 3160 en est le détail à plus grande échelle ; et les figures 3161 et 3162 montrent les coupes d'une poutrelle et de la corniche.

plafond à caissons, en menuiserieplafond à caissons, en menuiserieplafond à caissons, en menuiserie

Fig. 3163. Plafond exécuté d'après les dessins de M. Lorrain, architecte à Lyon.

Fig. 3164. Détail à plus grande échelle.

Plafond exécuté d'après les dessins de M. Lorrain, architecte à LyonPlafond exécuté d'après les dessins de M. Lorrain, architecte à Lyon

Les plafonds en menuiserie sont généralement réservés aux salles à manger, antichambres, cabinets de travail ; il est fort rare que l'on en trouve dans les salons ou les chambres à coucher modernes, du moins dans les pays où les constructions ne sont pas entièrement en bois.

plafond de pavillon norvégienLa figure 3165 donne un fragment d'un plafond de pavillon norvégien, construit par M. Thams, de Throndjem (Norvège) ; la figure 3166 montre la coupe de la corniche à plus grande échelle ; la figure 3167 montre une partie du plafond de la bibliothèque de ce pavillon, dont la coupe de la corniche est représentée par la figure 3168 ; la figure 3169 donne le plafond du salon, composé de solives et de demi-solives distantes, d'axe en axe, de 0m,56. Les poutrelles sont apparentes, laissant entre elles des entrevous en frises de parquet à baguettes avec rainures et languettes, perpendiculaires à la direction des solives pour la corniche plafond de pavillon norvégientravée du milieu et à point de Hongrie à sens alternatif pour toutes les autres. Ces solives sont moulurées de deux congés avec baguette à double refouillement sur leurs arêtes inférieures. La face inférieure formant soffite est refouillée d'une table renforcée formée de deux listels superposés et arrêtés vers les extrémités des solives. Sur leur flanc et sous les entrevous régnent de fortes moulures composées d'un congé rachetant deux quarts de rond.

bibliothèque plafond de pavillon norvégienLa figure 3170 est la vue perspective du plafond du cabinet de travail. Ce plafond est, dans sa partie horizontale, à solives saillantes formant caissons, avec rosace ornée au centre et clous profilés aux intersections des compartiments. Pour donner à la pièce une plus grande hauteur, cette partie horizontale a été élevée jusque sous les entraits retroussés du comble, en sorte qu'il reste, de chaque côté, deux corniche plafond de pavillon norvégienparties plafonnées suivant les rampants du chevronnage ; et, pour éviter de trop grands lambrissages, la partie basse des rampants, sur une hauteur de 0m,15 a été dissimulée par deux encaissements en menuiserie formant soffite par-dessous et supportés, chacun, par six balustres en bois tournés et refouillés au ciseau. Ces balustres reposent, chacun, sur une console à gorge fixée contre la paroi extérieure.

salon plafond de pavillon norvégienEnfin dans les installations rustiques, il arrive fréquemment que les plafonds soient de treillage comme celui indiqué par la figure 3171.

Nous n'avons pas à traiter ici les plafonds peints dont la variété est infinie, même en ne considérant que ce qui concerne les plafonds décoratifs.

La rencontre des plafonds et des parois des murs est accentuée par une corniche. (Voy. ce mot.)

vue perspective du plafond du cabinet de travailQuelquefois le plafond se raccorde avec les murs par une gorge plus ou moins forte dont la naissance sur les murs est indiquée par une corniche et celle-ci avec le plafond par un cadre qui peut être supprimé.

On nomme faux plafond le plafond que l'on établit au-dessous de celui ordinaire dans le but de diminuer la hauteur d'une pièce d'appartement.

Plafond en treillageOn désigne sous le nom de plafond de corniche la face inférieure du larmier (voy. ce mot) ; elle est le plus souvent ornée de gouttes, parfois de palmettes ; on l'appelle aussi soffite.

Le plafond d'un bassin d'un canal, d'un réservoir est l'aire, le fond.

Men. Le plafond des portes et croisées est le dessous des linteaux dans l'épaisseur du mur ou ébrasement.

Men. Le dessus de plafond est un morceau de lambris que l'on met, pour remplir l'intervalle, entre le plafond d'une chambre ou la corniche en plâtre, et le bord du plafond des ébrasements des croisées.

Le plafond d'un escalier est le dessous des marches, c'est-à-dire la partie que l'on a au-dessus de la tête quand on monte ou quand on descend.

Les plafonds d'escaliers se font le plus souvent en plâtre sur un lattis disposé dans ce but sur des fourrures (voy. ce mot) qui suivent la direction du nez des marches. Ces fourrures sont posées par les ouvriers qui ont exécuté l'escalier et recouvertes de plâtre par les plâtriers.

D'autres fois, les plafonds d'escaliers se font en menuiserie. Dans l'un et l'autre cas, les plafonds suivent le rampant des limons.

Lorsque les volées de l'escalier sont rectilignes, le plafond se construit comme un lambris ordinaire : il en est autrement quand les escaliers sont établis sur plan curviligne, comme dans les escaliers des chaires à prêcher.

Ces plafonds se font de deux manières :

D'assemblage, c'est-à-dire de deux courbes ayant exactement le même rampant que les limons se traçant de la manière que ceux-ci auxquels elles sont du reste assemblées ; on aura soin de multiplier les joints afin d'avoir le plus possible de bois de fil.

Ces courbes sont reliées de distance en distance par des traverses dont les champs rayonnent au centre du plan.

On a ainsi formé des châssis qui encadrent les panneaux. Les panneaux peuvent être faits par claveaux ; ils sont un peu longs, ou en bois de fil. Quelquefois on les agrémente de sculptures ou de moulures décoratives.

Par claveaux, c'est-à-dire en divisant le plan par des joints rayonnants au centre de celui-ci. C'est la partie comprise entre deux points qui prend le nom de claveau ou de douelle. (Voy. ces mots.)

Dans les escaliers dont le rampant est trop rapide ou les marches trop larges, on divise le claveau en deux parties, ce qui évite d'avoir à employer du bois de forte épaisseur que nécessiterait le gauche produit.

Quand l'escalier n'a pas des marches trop larges ou un rampant trop accentué, on donne à chaque claveau la largeur d'une marche et la division du plan qui a servi pour les marches pourra servir pour les joints du plafond.

A joints parallèles ; c'est-à-dire formé de planches réunies par des joints se divisant selon le sens de la montée de l'escalier.

La figure 3172 représente le tracé d'un plafond de croisée ou porte avec embrasures droites ou sans embrasures au milieu, qui se trace comme suit :

plafond de croisée ou porteSoit le plan ABEF, on ajoute l'épaisseur des ébrasements AGEIFLHB et on termine les largeurs des champs et profils comme de GPINLSHR. Pour avoir les gauches de la courbe, on terminera les arcs 19-4 provenant des points IL (on voit que les lignes courbes XI proviennent des tableaux) et on élèvera des perpendiculaires jusqu'à l'horizontale 2 V provenant des points LMSRQH ; puis à l'endroit où elles touchent aux poinls 4-5, 6-7, on élèvera les lignes courbes jusqu'à l'extrémité du point T. On élève ensuite la ligne courbe 2-3 provenant de B qui sera l'épaisseur des bois donnée à chaque ligne courbe. Par ce moyen on aura tous les gauches des courbes pour les plafonds sans embrasure au milieu et ceux où il y aura de l'embrasure seront pris juste sur la place marquée sur le plan comme le montre Z-8-9. On élèvera des perpendiculaires du même ordre ci-dessus jusqu'aux points 16-17-18-19 et on prendra de Z à G que l'on portera de 12 à 15 et on tirera la ligne courbe 15-16 provenant de G. Ensuite on prend de Z à 10 que l'on porte de 15 à 14 et on tire la ligne courbe 17-14 provenant de 0. Puis on prend de 8 à 9 que l'on porte de 12 à 13 et on tire la ligne courbe 13-19 qui permet de mener la ligne VD provenant de A qui sera l'épaisseur de la première courbe, et on ajoutera à toutes les lignes courbes les épaisseurs par le même procédé. On aura ainsi tous les gauches des courbes.

Lorsque l'on aura marqué leurs épaisseurs à chaque ligne courbe, on préparera les bois selon les élévations et on tranchera l'excédant du bois de 12 à 13, de 19 à 18, de 14 à 13, de 17 à 16 et l'on aura alors le débillardement des courbes. A l'égard des plafonds sans embrasure, on tranchera de 4 à 5, de 6 à 7 en venant à rien aux points T.

plafond de rampe d'escalier pour recouvrement du dessus des marchesLa figure 3173 représente le tracé d'un plafond de rampe d'escalier pour recouvrement du dessus des marches. On voit deux courbes différentes représentées par cette figure AB. La courbe A provient de la courbe du plan marqué E 8 qui est celle qui entre dans la grande courbe où sont assemblées les marches et celle marquée B provient de la courbe du plan marqué DF qui est celle qui recouvre sur le limon ; le diamètre MN est la grosseur du pilier superficiellement et la ligne courbe marquée 0 est superficiellement le dedans du limon de la courbe rampante qui reçoit les marches. On ne peut disposer le plan de terre que l'on n'ait terminé le plan de la rampe.

On remarquera que les deux lignes courbes marquées EF sont les profondeurs des assemblages marqués par les profils 1-2, et de ces lignes qui terminent le dehors des marches, on élèvera les lignes perpendiculaires jusqu'aux lignes diagonales de l'élévation GHL. Cela fait, de la ligne EF on ajoutera les largeurs de profil E8-FD, comme le montrent les points 1-2 qui sont les lignes du dedans des marches marquées 8, d'où on élèvera les lignes perpendiculaires jusqu'aux lignes d'élévation GHIL parallèles à celles des dehors ; les quatre lignes mixtes 3-4-5-6 sont les gauches des courbes ; PQRS sont les arrasements des panneaux.

On donne également le nom de plafond ou de voussure (voy. ce mot) aux menuiseries qui revêtent la partie supérieure des ébrasements des portes ou des fenêtres. Ces revêtements doivent toujours se raccorder aux menuiseries qui revêtent les joues de l'ébrasement.

On comprend que la difficulté de ce travail soit grande pour le menuisier qui aura, maintes fois, à recouvrir de menuiserie des surfaces irrégulières ou de forme curviligne.

On désigne plus particulièrement sous le nom de plafonds d'ébrasement les parties supérieures droites ou circulaires des ébrasements ; et sous le nom de voussures ou arrière-voussures les parties qui sont circulaires.

Nous nous bornons à indiquer ici les cas principaux :

Plafond en evas ; c'est-à-dire la pente des côtés étant égale à celle du plafond, qui est la plus simple, la plus régulière ;

Plafond en archivolte, ainsi nommé quand il est à plein cintre ;

Plafond par cerces parallèles, ceux qui sont formés de cerces concentriques collées les unes aux autres à plats joints ou réunies par des tourillons.

Prix (voy. Bordure).