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Abaque

subs. masc.

Tablette formant la partie supérieure d'un chapiteau et supportant l'architrave de l'entablement ; on dit également Tailloir (voy. ce mot). Suivant le style, les rives de l'abaque sont unies ou moulurées, quelquefois sculptées. Les profils de ces moulures varient également selon l'époque et le style.

Abaque de chapiteauFig. 1. Abaque du chapiteau de l'ordre Toscan dont les rives restent quelquefois unies, comme aux abaques primitifs.

Fig. 2. Abaque et chapiteau de l'ordre Dorique avec amorce du fût de la colonne et de l'entablement.

Fig. 3. Projection horizontale de la face inférieure de cet abaque. Pour les ordres Toscan et Dorique la forme de l'abaque est carrée ; mais elle se modifie pour les ordres Ionique, Corinthien, et Composite ; les angles du carré sont abattus et les rives concaves.

Fig. 4. Face de l'abaque du chapiteau corinthien.

Fig. 5. Projection horizontale de la face inférieure de cet abaque avec tracé de la rive concave.

Fig 6. Coupe sur la diagonale.

L'abaque du chapiteau ionique reste carré. Pour les proportions à donner à chacun de ces abaques voir le mot Chapiteau. Les abaques du style roman et du style gothique empruntent leurs formes aux précédents.

Abaque de style RomanDans le style gothique on trouve des abaques de forme octogonale ou de forme circulaire.

Fig. 7. Face d'un abaque roman. Fig. 8. Sa projection horizontale.

Fig. 9. Face d'un abaque gothique.

Fig. 10. Sa projection horizontale.

Les chapiteaux de la Renaissance ont des abaques rappelant ceux des ordres anciens. On trouve dans plusieurs cathédrales du XIIIe siècle, à Bayeux, à Coutances, au Mont-Saint-Michel, des abaques circulaires. Jusqu'au XIIIe siècle, l'abaque était formé d'une assise de pierre indépendante du chapiteau ; à partir de cette époque jusqu'à la Renaissance, le chapiteau et l'abaque ont été pris dans la même pierre.

Abaque de style gothiqueEn menuiserie, les abaques peuvent être exécutés de diverses manières, suivant leurs dimensions et les soins que l'on veut donner à l'ensemble du travail.

Les abaques carrés de petites dimensions peuvent se faire d'un seul morceau profilé sur les quatre faces, ou en quatre morceaux coupés d'onglet (fig. 11).

Fig. 12. Abaque avec moulure rainée sur les quatre faces, et à coupes d'onglet.

Fig. 13. Abaque en deux épaisseurs.

Fig. 14. Abaque en châssis assemble d'onglet à travers champ pour colonnes de fortes dimensions.

Les abaques sont collés, cloués ou vissés sur les chapiteaux.

On fait souvent un évidement au centre de l'abaque pour y encastrer une partie réservée sur le chapiteau pour former assemblage. Quand les colonnes sont faites par douves, cet évidement peut servir à laisser passer un montant placé dans l'axe de la colonne et destiné à faire corps avec l'entablement.

Les abaques des chapiteaux Ionique, Corinthien et Composite sont pris le plus souvent dans la masse du chapiteau, à cause des sculptures de celui-ci qui pourraient se prolonger sur l'abaque.

Dans ce cas, les angles qui sont à bois de bout sont soutenus par les volutes du chapiteau, ce qui n'a pas lieu pour les abaques des ordres Toscan et Dorique, pour lesquels les angles sont dans le vide et forment des Tympans (voy. ce mot).