Assemblage

subs. masc.

Assemblage à queue d'arondeUn assemblage est le résultat d'opérations faites sur différentes pièces de bois pour les réunir.

La réunion des bois par rapport à leur position présente trois cas généraux.

1° Les bois assemblés bout à bout que l'on peut appeler assemblages de longueur, ou de rallongement.

Ces assemblages s'appliquent aux entures. (Voy. ce mot.)

2° Les assemblages de largeur, ayant pour objet l'exécution des panneaux, tablettes ou toute autre partie pleine se font généralement par joints rainés ou feuilles à bois de fil.

3° Les assemblages servant à réunir des bois, tels que battants et traverses en formant un angle quelconque, le plus souvent un angle droit.

Les bois ainsi réunis forment un bâti destiné ou non à recevoir des panneaux comme huisserie ou lambris.

Ces assemblages prennent le nom d'assemblages de bâti ou de traverse.

La réunion des assemblages de longueur, de largeur et de traverse se fait par des moyens différents, tels que: entaille, rainure et languette, tenon et mortaise, queue, etc. (Voy. ces mots).

L'assemblage prend alors le nom au moyen du quel il a été fait.

Assemblages de longueur.

Fig. 248. Assemblage à sifflet. Cet assemblage est collé, cloué ou vissé ; il n'est employé que dans les travaux de peu d'importance, il se fait aussi sans rainure ni languette.

Assemblage de longueurFig. 249. Assemblage à entailles à moitié bois, dans les mêmes cas que le précédent.

Fig. 250. Assemblage à enfourchement et qui peut être collé ou chevillé.

Les figures 251 et 252 représentent ces deux derniers assemblés et vus sur le champ ; les bouts des joues sont abattus en pente pour maintenir l'affleurement.

Fig. 253. Assemblage à queue ; traversant ou ne traversant pas l'épaisseur du bois ; cet assemblage se colle généralement.

Cet assemblage peut se faire sans traverser l'épaisseur du bois en les entaillant à moitié bois et en faisant une double queue (fig. 251).

Fig. 255. Assemblage à sifflet renforcé.

Fig. 256. Assemblage à trait de Jupiter en sifflet.

Fig. 257. Le même assemblé.

Cet assemblage est maintenu par une clef A dont la place est ménagée, elle est faite en deux morceaux taillés en coin et en sens inverse (fig. 258).

Fig. 259. Assemblage à trait de jupiter. C'est celui dont le tracé est le plus usité par les menuisiers.

Cet assemblage est maintenu par une clef placée en A comme le précédent (fig. 260).

Les parties circulaires assemblées à trait de Jupiter et collées offrent une grande solidité.

Assemblages de largeur ou à bois de fil.

Cet assemblage sert à réunir les bois dans le sens de leur longueur, soit pour parties planes, panneaux, tablettes, etc., ou pour parties en retour.

Assemblages de largeur ou à bois de filLe plus simple est celui à plat joint ou à joint vif ; cet assemblage est toujours collé, il est spécialement employé par les ébénistes (fig. 261).

Dans les travaux peu importants, où il est employé sans être collé, on le maintient au moyen de barres.

On en fait usage pour les parties en retour, où il peut être collé, cloué ou vissé (fig. 262).

Les assemblages à bois de fil ou joints se font le plus souvent à rainures et languettes, poussés avec des bouvets. (Voy. ces mots).

La figure 263 représente une partie assemblée à rainures et languettes; c'est l'assemblage employé pour les panneaux, tablettes ou autres parties planes. Pour les bois de 0,05 à 0,08 d'épaisseur on pousse une rainure sur les rives et l'on rapporte la languette.

Fig. 264. Assemblage embrevé à languette batarde ; il sert généralement à réunir les panneaux avec les bâtis, ou pour les parties devant former arrière-corps (Voy. Arrière-corps). Cette disposition du joint prend aussi le nom d'embrèvement.

Fig. 265. Embrèvement à table saillante pour panneaux de porte ou travail analogue.

Assemblages de largeur ou à bois de filFig. 266. Embrèvement à double côte, employé pour battants meneau de croisée, grand cadre (Voy. ces mots.)

Assemblage a bois de fil formant angle.

Fig, 267. Retour à angle droit assemblé à rainure et languette.

Fig. 268. le même assemblé à feuillure.

Fig. 269. Retour en pan coupé.

Fig. 270. Retour en pan coupé à 45 degrés avec joint dans l'angle et la languette rapportée.

Fig. 271. Retour à angle droit assemblé à feuillures et rives d'onglet. Cet assemblage pour être maintenu est cloué ou vissé.

Assemblage de traverse.

Ces assemblages se font à tenon et mortaise (voy. ces mots) pratiqués dans les pièces à assembler .

Assemblage de traverseSi on pratique cet assemblage à l'extrémité d'une pièce de bois sans ménager d'épaulement (voy. ce mot) il prend le nom d'enfourchement (fig. 272 et 273).

L'enfourchement est la partie creusée en A, pour recevoir le tenon B (fig. 273).

Fig. 274, 275. Assemblage carré à tenon et à mortaise, à l'extrémité d'une pièce de bois, nécessitant un épaulement.

L'épaulement est la partie de bois A qui est enlevée sur le tenon (fig. 274).

Pour maintenir la rive extérieure de la traverse on ménage souvent à l'épaulement un talon T (fig. 276) que l'on incruste dans le battant .

Fig. 277 et 278. Assemblage carré avec barbe rallongée pour feuillure ; l'assemblage est en plein dans la feuillure ; la mortaise est alors réduite de la largeur de la feuillure et l'arasement B de la traverse est rallongé de cette largeur. (Voy. Barbe).

Assemblage carré à tenon et à mortaiseLes figures 279 et 280 représentent les coupes géométrales des mêmes morceaux.

Quand la joue de la feuillure est assez forte pour y placer l'assemblage il n'y a pas lieu de réduire la mortaise.

La figure 281 représente un assemblage à oulice, très employé en charpente, d'une pièce de bois verticale dans une pièce inclinée. Le tenon a pour épaisseur le tiers de la pièce.

Le même assemblage peut se faire avec embrèvement (fig.. 282).

Assemblage de traverse de milieu ou de montant intermédiaire avec barbe rallongée et coupes d'onglet pour moulure.

Assemblage de traverse de milieuLa figure 283 représente la traverse ou le montant vu de face, avec une section droite faisant voir la coupe dans un bout ; l'autre bout indique le tenon qui est rétréci de la profondeur des rainures poussées sur les rives, ainsi que la barbe rallongée de la largeur de la moulure et les coupes d'onglet.

La figure 284 la fait voir sur le champ. Elle est indiquée ici comme traverse milieu dont l'assemblage ne traverse pas le battant.

Fig. 285. Morceau vu à plat dans lequel sont la mortaise et l'entaille pour la barbe rallongée.

Fig. 286. Le même vu sur le champ.

Assemblage d'onglet à travers champ pour faces moulurées.

Fig. 287. Battant.

Fig. 288. Traverse dont le tenon traverse le battant.

Assemblage d'onglet à travers champ pour faces mouluréesCet assemblage se fait aussi en rapportant le tenon, comme il est indiqué en traits ponctués sur la figure 289, en mortaisant les deux morceaux ; de cette manière on peut couper et recoller les deux morceaux en plein bois.

Assemblage flotté, d'onglet, encastré ou incrusté. Dans cet assemblage on réserve une joue ou flottage sur le devant de la traverse qui doit passer sur le battant dans lequel on a pratiqué une entaille pour l'encastrer. La partie flottée seule est coupée d'onglet ; un assemblage à tenon et mortaise, séparé du flottage par un enfourchement, est fait sur le bois qui reste derrière, complète cet, assemblage qui, étant collé, offre une grande solidité.

Fig. 290. Battant vu sur le plat; l'entaille pour le flottage est en A B C. La mortaise faite sur le bois restant est indiquée en traits ponctués

Fig. 291. Battant vu sur le champ indiquant l'entaille et la mortaise.

Fig. 292. Traverse vue à plat ; le flottage est en A B C ; les traits ponctués indiquent le tenon et ses arasements.

Fig. 293. La même vue sur champ indiquant le flottage et les deux arasements du tenon.

Certains travaux ont des assemblages flottés sur les deux parements.

Assemblage flotté, encastré pour jet d'eau.

Assemblage flotté, encastré pour jet d'eauFig. 294. Champ du battant faisant voir l'entaille et la mortaise.

Fig. 295. Battant vu de face du coté du flottage A B C D.

Fig. 296. Jet d'eau vu du côté formant saillie flottée sur le battant.

Fig. 297. Le même vu sur le champ où se voient le flottage, l'enfourchement et le tenon.

On fait aussi des flottages sans encastrement ou flottages simples, pour les pièces faisant saillie sur celle où elle passe.

La figure 298 représente le champ extérieur d'un dormant de croisée, où l'on voit le flottage A et l'enfourchement B.

Assemblage à queue. Cet assemblage s'emploie principalement pour les boîtes, les tiroirs, etc.

Assemblage à queue d'arondeLa figure 299 représente un tiroir dont le derrière est assemblé à queues apparentes sur deux sens ; les entailles sont faites sur le derrière et les queues sur le côté ; la tête est assemblée à queues recouvertes sur la face ; les entailles sont dans la tête.

Ffg. 300. Plan géométral.

Assemblage à queue perdue. Cet assemblage a les queues recouvertes d'onglet sur ses deux faces ; les entailles sont dans le morceau A et les queues dans le morceau B (fig. 301-302).

Les figures 303 et 304 sont les projections du champ de ces morceaux.

Assemblage à queue perdueLa figure 305 les montre assemblés.

Les figures 306 et 307 représentent des assemblages de pièces rondes.

Assemblage à tenons apparents (fig. 308). Ces tenons sont traversés par des clefs.

Assemblage à tenons sur l'arète (fig. 309).

Prix, Menuiserie, à la pièce.

Les assemblages en vieux bois sont payés 2 1/0 en plus des prix ci-dessus. Ceux à entailles et à rainure et languette sont payés moitié des prix ci-dessus.

Les assemblages carrés à tenons et mortaises sont payés :

Biais relevés sur plan, 4/10 en plus.

D'onglets à travers champs, 8/10 en plus.

A faux onglets à travers champs, 10/10 en plus.

D'onglets jusqu'à la moulure 5/10 en plus.

Les flottages incrustés sont payés 8/10 de l'assemblage pour chaque parement flotté, carré ou d'onglet.

Les flottages non incrustés 4/10.

A trait de Jupiter, trois fois le prix des assemblages carrés.

Les assemblages à queue ne traversant pas l'épaisseur du bois, 5/10 en plus.

Les mortaises seules valent 2/3 de l'assemblage.

Prix. Charpente, à la pièce.

Trait de Jupiter.

De 0m60 de long, compris deux coins pour serrer l'assemblage.

De 0m80 de long » »

A enfourchement complet fait sur le tas.

A tenon et mortaise fait sur place dans des bois non fournis, non façonnés et non déposés :

La mortaise.

Le tenon.

A paume et entaille.

Mise à jour 2019-01-04


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Dictionnaire pratique de menuiserie ébénisterie charpente - Justin Storck Nouveau dictionnaire pratique du bois de menuiserie ébénisterie charpente Georges Cartannaz