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Chapiteau

subs. masc.

Chapiteaux de colonnesCouronnement faisant saillie sur un fût de colonne, de pilastre ou de balustre et composé de moulures et d'ornements variant selon les divers ordres d'architecture.

Le plus simple des chapiteaux est celui de l'ordre toscan (fig. 719) dont l'abaque est carré et les faces quelquefois moulurées d'un filet et d'un larmier ; il diffère du chapiteau dorique en ce que celui-ci (fig. 720) a un filet, et un talon sur les faces de l'abaque. D'après Vitruve, ce chapiteau a la même hauteur que la base.

Le chapiteau de l'ordre dorique grec ou de poestum se compose d'un abaque carré plus saillant que le précédent et posé sur un quart de rond aplati.

La hauteur du chapiteau dorique doit être égale à la moitié du diamètre de la base de la colonne.

Le chapiteau ionique (fig. 721) se distingue par un abaque plus fin posé sur une sorte de coussin dont les extrémités se recourbent en volutes ; les faces latérales ont la forme de rouleaux appelés balustres ou coussinets.

Le chapiteau corinthien (fig. 722) (Hôtel de Vogué, à Dijon), est le plus orné de tous les chapiteaux. Sa forme est celle d'une cloche renversée recouverte de deux rangs de feuilles d'acanthe. Entre ces feuilles sortent des tiges appelées caulicoles qui s'enroulent en volutes de grandeurs différentes ; les plus grandes s'enroulent sous les angles de l'abaque et les plus petites vont se rencontrer au milieu de la face du chapiteau. Dans ce milieu passe une tige soutenant un fleuron ou rosace s'engageant sur l'abaque et appelé rose du chapiteau.

L'abaque du chapiteau corinthien a ses faces concaves et moulurées.

La hauteur totale du chapiteau corinthien doit être égale au diamètre de la base de la colonne augmenté d'un sixième. Cette hauteur étant divisée en sept parties, on donne deux parties pour la hauteur du premier rang de feuilles, deux parties pour le second rang, et les trois parties qui restent sont réservées au tailloir, aux volutes, aux caulicoles et aux tigettes.

Chapiteau corinthienFig. 723 Chapiteau corinthien vu sur la diagonale ; les feuilles de la partie de gauche sont enlevées et laissent voir le profil de la campagne ou vase du chapiteau, ainsi que le profil des deux rangs de feuilles et de caulicoles, qui sont limités en saillie par la ligne ponctuée menée de l'abaque à l'astragale

La partie hachée représente un chapiteau en menuiserie, tel qu'il doit être tourné pour la préparation à la sculpture : l'astragale et le gorgerin sont tournés avec le chapiteau et l'abaque est rapporté.

Fig. 724. Projection horizontale du chapiteau renversé faisant voir les diverses projections des feuilles et des caulicoles ; l'un des quarts indique une partie du fût de colonne construite par douves.

La diagonale de l'abaque est égale à deux diamètres du bas de la colonne. (Voy. Abaque).

Les projections des feuilles ne sont indiquées que par leurs contours d'épannelage avant l'achèvement des détails.

Le chapiteau composite (fig. 725) résulte de la combinaison des volutes du chapiteau ionique avec les feuilles d'acanthe du chapiteau corinthien.

(Voir les mots : toscan, dorique, ionien, corinthien, composite)

Dans le style roman et dans le style gothique, les chapiteaux changent de proportions. L'abaque prend plus ou moins d'importance en saillie et en hauteur, l'ornemenlation des feuillages antiques est remplacée par celles des plantes telles que : chardon, vigne, persil, fraisier, etc., par des têtes ou corps d'animaux fantastiques, des têtes ou des figures humaines ; et à mesure que les siècles et les styles se succèdent, les proportions, la disposition et la décoration des chapiteaux se modifient bien que s'inspirant toujours des règles établies par les ordres d'architecture. (Voy. Saillie, Devanture).

Nous donnons ci-dessous des chapiteaux de diverses époques qui permettront de suivre l'évolution qui s'est faite.

Fig. 726. Chapiteau égyptien, décoré d'une tête de Athor, déesse de la beauté, à laquelle on donnait une figure triangulaire, avec des oreilles de vache.

Le chapiteau est surmonté d'un petit Naos ou temple à quatre faces.

Chapiteaus d'églises et cathédrale de ParisFig. 727. Chapiteau XIe siècle. Eglise de Sainte-Bénigne, à Dijon.

Fig. 728. Chapiteau XIIe siècle. Eglise Saint Bernard, à Romans.

Fig. 729. Chapiteau XIIIe siècle. Cathédrale de Séez.

Fig. 730. Chapiteau XIVe siècle. Cathédrale de Paris.

Fig. 731. Chapiteau XVIe siècle. Palais de Ferrare.

Fig. 732. Chapiteau XIXe siècle. Palais de Justice de Paris.

Roubo donne les renseignements ci-dessous pour la construction des chapiteaux : Pour ce qui est des chapiteaux, du moins pour les corinthiens et les composites, on les dispose de la même manière que les bases (voy. ce mot), c'est-à-dire à bois de fil, ce qui est mieux que de les faire de plusieurs morceaux collés en liaison horizontalement parce que les retombées des feuilles se trouvent toutes à bois de travers, au lieu que de la première manière elles sont à bois de fil, ce qui est à considérer.

Chapiteau corinthien et son tailloirLa figure 733 représente un chapiteau corinthien construit de cette manière et où toutes les feuilles sont disposées en masse et la figure 734 représente la coupe d'une des parties de ce chapiteau. On observera aussi que le chapiteau entre à recouvrement dans la colonne, ainsi que la base et que le dessus de ce même chapiteau entre aussi à recouvrement dans le tailloir.

Quant au tailloir des chapiteaux, on l'assemblera à bois de fil, à tenon et mortaise, ainsi que la plinthe de la base, ce qui ne souffre aucun inconvénient, si ce n'est que le joint se trouve au milieu d'un de ces quarres, ce qui n'est pas fort propre. Cependant, on ne peut guère faire autrement, quand on veut qu'ils soient solides et qu'ils soient à bois de fil sur toutes leurs faces. Tout ce que l'on peut faire, c'est de rapporter à bois de fil les moulures de leurs quarres.

La figure 735 représente un tailloir vu en dessous et la figure 736 le même, vu sur l'angle.

II. On appelle chapiteau, le fronton d'un cadre, d'une glace, quand celui-ci est indépendant.

III. On donne le nom de chapiteau de triglyphe, (voy. triglyphe), à la bande qui les couronne.

IV. La partie supérieure d'un balustre prend le nom de chapiteau de balustre.

Chapiteau de niche, petit dais abritant une statue placée sur un cul de lampe en avant d'une niche qui n'est pas assez profonde pour que la statue y entre entièrement.