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Arêtier

subs. masc.

Arêtier en charpenteS'écrit également arrêtier.

Charpente, pièce de bois droite ou courbe A placée à l'angle saillant ou rentrant formé par deux versants d'un comble. (Voy. Comble).

Fig 167. Projection horizontale d'un comble formant une croupe droite construite avec des hémicycles.

Il reçoit le sommet des empanons E (voy. ce mot) et s'assemble par son sommet au poinçon P, et par sa base à l'enrayure D.

Le tracé de l'angle d'un arêtier est basé sur la méthode des projections et des changements de plans, ou plans auxiliaires. Les menuisiers ont quelquefois à exécuter des travaux de petite charpente dans lesquels se trouvent des combles en arêtier.

Ils ont aussi des travaux d'art en arêtier tels que : autels, cuves et abat-voix des chaires à prêcher, etc. Le principe de la construction reste toujours le même.

Le point important pour exécuter un arêtier est la recherche de l'angle sous lequel il doit être corroyé, et sa longueur.

Arêtiers d'un comble rectangulaire en plan. Ce comble se termine d'un bout par une croupe dont la projection horizontale est un triangle A (fig. 168).

Arêtiers d'un comble rectangulaire en planSa rencontre avec les deux versants ou égouts des longs pans forme les arêtiers B et C, dont on trace les épaisseurs en plan. Ces arêtiers sont assemblés dans la ferme F F qui est assemblée avec le faîtage O, ou dans un poinçon qui dans ce cas servirait à assembler les arêtiers. Après avoir tracé l'élévation ou coupe du milieu (fig. 169), à la hauteur voulue, et projeté la croupe en vraie grandeur (fig. 170) sur un plan auxiliaire dont L T est la ligne de terre, on projette l'arêtier sur un nouveau plan vertical ou plan auxiliaire (fig. 171), ayant la ligne de terre L T parallèle à la projection horizontale de l'arêtier B, dont on projette les différents points sur le nouveau plan vertical ; le point haut D et le point bas E (fig. 168), se projettent en D' et E' on obtient la ligne E' D' qui donne la longueur l'arêtier.

Pour obtenir l'angle, on fait une section sur la projection E' D'de l'arêtier (fig. 171), sur laquelle on élève une perpendiculaire à un endroit quelconque : de chaque côté de cette ligne on porte une demi-épaisseur de l'arêtier prise au plan. Ces deux lignes coupent la ligne M N, projection des deux arêtes inférieures ; on joint ces deux points avec le point de rencontre S de la perpendiculaire G H de l'arête supérieure E' D et l'on obtient l'angle R S V, qui est l'angle cherché.

On obtient plus de précision en tirant une ligne quelconque P Q sur le plan que l'on projette verticalement en R V et en portant les distances I P et I Q du plan en G R et en G V de la projection verticale.

Pour un comble carré l'opération serait la même, ainsi que pour ceux ayant la forme d'un polygone.

Dans l'arêtier précédent les pentes étaient les mêmes ; mais le procédé ne change pas quand elles sont dissemblables.

Les arêtes inférieures dans cette figure ont chacune leur ligne en projection verticale tandis qu'elles se confondaient dans l'arêtier précédent qui avait les pentes égales.

arêtier de noueUn arêtier de noue est formé par la rencontre de deux combles formant un angle comme cela a lieu pour deux bâtiments en aile (fig. 176). La noue est en N, les deux autres rampants forment un arêtier. L'opération est la même, mais l'angle est creux.

Fig. 172. Arêtier sur un plan rectangulaire et de forme pyramidale.

Fig 173 et 174

Fig. 175. Nouveau plan de projection et en S le sommet de l'angle cherché.

Arêtier produit par la rencontre de deux dessus de vitrines en plan incliné. Après avoir tracé le plan et l'élévation en coupe, sur laquelle ont été indiquées les largeurs des traverses, que l'on a projetées sur le plan (fig. 177 et 178) ; on fait le rabattement ou développement du dessus pour le voir en vraie grandeur (fig. 179) en faisant C D = A B pris sur la coupe, et l'on tire la ligne droite A B ; le rabattement est complété en marquant les largeurs des traverses ainsi que le battant d'arêtier auquel on donne la largeur voulue. Cette largeur est projetée ensuite sur le plan. La surface inférieure du châssis est indiquée par les traits ponctués, la distance de celle parallèle à A C est prise sur la coupe de l'arête inférieure jusqu'à P, point de rencontre de la verticale abaissée de celle supérieure A et suivant le rampant du dessus.

Arêtier produit par la rencontre de deux dessus de vitrines en plan inclinéSa rencontre en P sur le rabattement avec la ligne projetante A est le point par lequel on doit mener la parallèle à A B : la section M donne le profil du battant et la fausse coupe d'angles.

Il reste à déterminer l'angle de l'arêtier ; nous indiquons ici une deuxième méthode : on prend la projection horizontale E F de l'arête sur le plan pour la ligne de terre du plan auxiliaire, (ce que nous aurions pu faire dans les cas précédents) ; au point F on élève la perpendiculaire F B — G B de la coupe et l'on joint le point B au point E ; la ligne B est la projection verticale de l'arête en vraie grandeur. En un point quelconque J de la ligne E F nous élevons une perpendiculaire H I qu l'on prolonge jusqu'aux côtés du plan ; et du point de rencontre J on élève une perpendiculaire J K sur E B.

Du point J comme centre avec J K pour rayon, on décrit l'arc K L en joignant les points L H et L I.

Ces deux droites forment l'angle cherché dans lequel on trace le profil des battants ; la fausse coupe des joints est donnée par L J ; les champs du côté du vitrage sont d'équerre aux faces. Cette projection n'est autre que le rabattement d'une section que l'on aurait faite sur l'angle de l'arêtier suivant H I et J K pour le voir en bout.

On doit remarquer que ce profil est le même que celui obtenu en M sur le rabattement et que l'on peut opérer en suivant l'une ou l'autre des méthodes suivant les cas.

Si les châssis étaient remplacés par des parties pleines ou panneaux, le principe serait le même pour les fausses coupes de l'angle. Les ébrasements biais et quantité d'autres travaux se feraient par le même moyen.

Tracé d'une courbe en arêtier ou courbe sur l'angle dont l'angle est formé par la rencontre de deux surfaces circulaires, telles que A et B, coupe du milieu (fig. 180 et 181) dont les arêtes se projettent en plan suivant les diagonales C D et E F (fig. 182).

Tracé d'une courbe en arêtierLe tracé de l'arêtier C S est figuré à une plus grande échelle par le plan (fig. 183) ; l'élévation ou coupe du milieu, par la figure 184, et la projection sur le plan auxiliaire dont la ligne de terre est L T par la figure 185.

Après avoir divisé la ligne C S de l'élévation aux points 1, 2, 3, 4, ou plus si l'on veut, on projette ces points en plan sur la ligne d'arête C S et de ces points on mène des parallèles aux côtés C F et C G ; ces lignes sont les projections des génératrices des surfaces courbes ; ces lignes sont horizontales comme l'indique leur projection verticale (fig. 184), aux points 1, 2,3,4, et forment des angles tels que D3 E. Pour le tracé de la courbe, on projette sur le plan auxiliaire (fig. 185), les points C, 1, 2, 3, 4, S, dont les hauteurs sont données par celles de l'élévation (fig. 184) prises sur la ligne du dessus et celle du dessous.

Les lignes des arêtes latérales H S et H I sont données par la rencontre des projections des génératrices avec les lignes projetantes menées du point ou la projection horizontale de la génération coupe la projection de l'extérieur de l'arêtier en plan.