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Escalier

subs. masc.

EscalierPlans horizontaux formant une suite de degrés élevés les uns au-dessus des autres et sur lesquels on marche pour monter ou descendre.

L'escalier met en communication les différents étages d'un bâtiment.

Un escalier peut être construit en pierre, en bois ou en fer, sans que rien soit changé aux principes généraux de sa construction et aux dénominations des diverses parties qui le composent. Ils sont formés de limons ou de crémaillères dans lesquels les marches et contre-marches sont assemblées à entailles. Les marches sont quelquefois massives ; des barreaux en fer ou des balustres en pierre ou en bois sont placés sur les limons ou les crémaillières du côté du vide ou jour de l'escalier, soutiennent la main courante avec laquelle ils constituent la rampe. Fig. 1436.

La partie de l'édifice où est construit un escalier se nomme cage de l'escalier ; elle varie selon la destination ou l'importance du bâtiment.

Contre marche d'escalierL'emmarchement est la largeur donnée à l'escalier ; c'est la longueur des marches parallèles entre elles et perpendiculaires au mur et au limon, mesurées dans la partie droite de l'escalier.

La hauteur et la largeur des marches doivent être les mêmes dans toute la hauteur de l'escalier. La face verticale d'une marche prend le nom de contre-marche ; c'est une planche qui vient s'assembler dans une rainure ménagée sous le nez de la marche et dont la partie inférieure se cloue derrière la marche placée en dessous ou vient s'assembler dans celle-ci. Fig, 1437.

La hauteur d'une marche est variable. Plus le giron est étendu moins, la marche doit être élevée. Une largeur de giron de 0m,32 entraine une hauteur de contre-marche de 0m,14 ; mais on peut admettre de façon générale 0m,12 à 0m,20 et sa largeur de 0m,20 à 0m,35 sur la ligne de giron.

Pour un escalier ordinaire la hauteur est en moyenne de 0m,16 et la largeur 0m,32.

La relation entre la hauteur et la largeur d'une marche peut s'exprimer en disant que deux hauteurs de marche plus la largeur égalent 0m,64 ; c'est-à-dire que si la hauteur des marches est fixée à 0m,15 par suite de la division de la hauteur de l'étage, on aura : 2 hauteurs ou 2 fois 0m,15 = 0m,30 ; il restera pour la largeur 0m,64 — 0m,30 = 0m,34.

Ligne de giron ou ligne de foulée d'un escalierOn peut remplacer 0m,64, qui représente à peu près le pas d'un homme sur un pas hozizontal, par 0m,60 ou 0m,65.

Le plus grand intervalle qu'un homme puisse franchir verticalement, par exemple en montant à une échelle, est de 0m,32 ; dans ce cas le giron est nul.

On appelle giron d'une marche la partie de la face horizontale qui n'est pas recouverte par la marche supérieure, c'est-à-dire la distance d'un nez de marche à un autre.

Cette largeur est mesurée sur une ligne tracée dans l'axe du plan, qui prend le nom de ligne de giron ou ligne de foulée. Fig. 1438.

La ligne de foulée, pour les escaliers à marches tournantes parallèlement, se trace à la projection horizontale de la rampe à 0m,50 de celle-ci.

C'est sur cette ligne que l'on fait la division des marches ; le développement est l'espace offert par la ligne de giron pour établir la largeur des marches. La hauteur des marches est réglée par la hauteur totale ou montée de l'escalier ; l'échappée est la hauteur qui doit exister entre le dessus d'une marche et le dessous de celle qui est perpendiculairement au-dessous ou tout autre obstacle ; l'échappée ne doit pas être inférieure à 2 mètres de façon à permettre à une personne même grande, de monter ou descendre l'escalier sans se heurter aux marches supérieures.

Les paliers sont des girons plus larges que ceux des marches et qui servent de repos entre les étages et au niveau de ceux-ci à l'entrée des logements ; les paliers de repos sont le plus souvent dans les parties les plus tournantes d'un escalier.

Plan d'un escalier à cage et à jour carré avec paliers de reposUne suite de marches non interrompue par des paliers prend le nom de rampe ou volée ; le nombre des marches est le plus ordinairement en nombre impair ; il ne doit pas être inférieur à 3 ni supérieur à 21.

Les paliers de repos des parties tournantes sont souvent remplacés par des marches qui ne sont plus parallèles; on est alors obligé de les faire danser ou balancer (Voy. ces mots), afin de proportionner leur diminution.

Le jour d'un escalier est formé par le vide qui reste entre les rampes.

Fig. 1439. Plan d'un escalier à cage et à jour carré avec paliers de repos ; dans cet escalier, les deux limons intérieurs sont assemblés dans un poteau qui repose sur le sol et le maintient en élévation.

Escalier à retour d'equerre et marches balancéesLa figure 1440 montre également un escalier à retour d'équerre mais dont le palier de repos est remplacé par des marches balancées tournant autour du poteau dans lequel s'assemblent les limons.

La première marche d'un escalier, qui se fait souvent en pierre à cause de l'humidité provenant du sol, est la marche de départ (fig. 1438) ; c'est elle qui supporte le limon s'assemblant dans une pièce horizontale appelée patin.

Celle qui est au niveau d'un étage prend le nom de marche palière (fig. 1438). Dans les escaliers en bois, elle est assez forte pour servir d'appui au limon : la dernière marche est la marche d'arrivée (fig. 1438). La première marche d'un étage intermédiaire placée immédiatement au-dessus du sol d'un palier est dite marche de remontoir.

Les marches sont le plus souvent scellées d'un bout dans les murs de la cage ou supportées par des crémaillères qui y sont scellées : l'autre bout est assemblé avec un limon ou avec une crémaillère. Les marches sont parfois massives. Lorsque les marches sont moulurées à une seule extrémité, l'escalier est dit demi-onglet ; il est dit onglet quand les marches sont moulurées aux deux extrémités.

Crémaillère, contre-marche et limon d'un escalierLe limon (voy. ce mot) est une pièce de bois en chêne, sapin ou peuplier munie d'entailles disposées de telle façon que, lorsqu'il est en place, les entailles des marches sont horizontales et celles des contre-marches verticales. Le limon s'assemble dans un montant ou noyau ; il a de 5 à 10 centimètres d'épaisseur et une largeur donnée par la largeur des marches et variant de 20 à 30 centimètres. La figure 1441 en montre la disposition.

Plan d'un escalier à limons droits formant quartier tournantLa crémaillère reçoit l'extrémité de la marche opposée au limon ; elle est toujours dissimulée et peut encore être faite en bois inférieur. La crémaillère est scellée au mur par de fortes pattes à scellement. Fig. 1442.

Le faux-limon est la pièce de charpente inclinée, découpée pour recevoir le bout des marches et que l'on pose contre le mur quand, pour une raison quelconque, on ne veut pas entamer la paroi de la cage.

L'escalier le plus simple est celui dit échelle de meunier ; il est composé de degrés horizontaux de 0m,03 à 0m,04 d'épaisseur assemblés par deux extrémités à tenons et mortaises dans des planches posées sur champ et tenant lieu de limon ; ces planches ont généralement 0m,20 de largeur et 0m,07 d'épaisseur ; dans les tenons on enfonce à force des coins qui les empêchent de se retirer.

Escalier à limon continu, sans noyauLe collet d'une marche est le point où celui-ci pénètre dans le limon.

Les escaliers à limons sont dits à la française et ceux à crémaillères à l'anglaise.

L'escalier à limons droits est celui dans lequel toutes les marches sont parallèles et dont les projections horizontales et verticales sont des lignes droites ; le plus simple est celui appelé échelle de meunier. (Voy. échelle.)

Fig. 1443. Plan d'un escalier à limons droits formant quartier tournant, avec échelle de balancement et projection verticale d'une des crémaillères sur mur ; les limons formant le jour en retour d'équerre sont assemblés en queues.

Escalier à limon continu, sans noyauFig. 1444. Escalier à limon continu, sans noyau.

Plan dont la figure 1445 donne la projection verticale sur un plan parallèle à la ligne AB de la figure 1444.

La figure 1446 donne la projection des marches et du limon droit ; les marches sont montrées comme si elles étaient vues au travers du limon ; elles sont seulement ponctuées et montrent leur encastrement dans le limon. Ces marches sont dites marches pleines. Chacune est d'une seule pièce, profilée avec une moulure. Chaque marche recouvre horizontalement celle qui lui est inférieure de 0m,055 environ et s'y appuie par un joint perpendiculaire à la surface des dessous de marches ; laquelle surface est un plan pour chaque rampe droite et une surface gauche pour le dessous du quartier tournant.

projection des marches et du limon droitTous les escaliers ne sont pas à limons ; en ce cas les marches sont engagées dans les parois de la cage et présentent du côté du jour de l'escalier l'extrémité qui autrement serait engagée dans le limon. Dans ces sortes d'escalier on consolide les marches en les boulonnant les unes aux autres ; notre figure 1447 montre les diverses projections d'une partie d'escalier de ce genre ; les marches sont unies deux à deux par un boulon et chaque marche est traversée par un des boulons, l'un appuyant sa tête et l'autre son écrou.

escalier à marches boulonnéesQuand l'escalier sans limon a un grand emmarchement on assujettit les marches par un ou plusieurs cours de boulons placés de la même façon.

Tous les escaliers peuvent être construits sans limons.

Fig. 1448. Plan d'un escalier en vis Saint-Gilles ou à noyau plein dans une cage polygonale.

Ce nom lui vient de ce que cette disposition d'escalier aurait, pour la première fois, été adoptée, au XIe escalier en vis Saint-Gillessiècle, à l'abbaye de Saint-Gilles, près de Nîmes. Cet escalier tient peu de place ; aussi est-il employé pour les escaliers dérobés. Quand les circonstances obligent à diminuer le nombre des marches par suite du manque de développement, on augmente leur hauteur pour avoir assez d'échappée du dessus d'une marche au-dessous de celle qui se trouve au-dessus. Le départ ainsi que l'arrivée demandent aussi à être étudiés avec soin. Les marches sont assemblées à entailles dans le noyau et scellées dans le mur et supportées par des crémaillères à l'autre bout.

Toutes ces marches sont de même largeur et rayonnent autour du noyau central qui forme le centre du plan.

La projection spéciale d'une partie du noyau est figurée en A ; il pose sur la marche de départ qui est en pierre où il est maintenu par un goujon.

Fig. 1449. Escalier à noyau évidé dans une cage rectangulaire.

Dans ce genre d'escalier, les limons droits sont assemblés dans le noyau. Quand le jour est d'un petit diamètre, on fait l'escalier en bois en montant suivant le profil du plan ; le débillardement sur champ se fait après avoir fait les entailles de l'emmarchement par le procédé employé pour les courbes rampantes. (Voy. ce mot.) On le fait quelquefois de la hauteur de l'étage et principalement pour les rez-de-chaussée ou première volée.

Fig. 1450. Projection horizontale d'un escalier circulaire à double limon. Les coupes à crochets pour l'assemblage des limons sont indiquées en C, ainsi que les lignes d'affranchissement pour les projections verticales.

Escalier a noyau évidé et escalier circulaire a double limonÉlévation géométrale d'un escalier circulaire à double limon

Fig. 1451. Élévation géométrale d'un escalier circulaire à double limon. (Voy. coupe à crochet et courbe rampante.)

Assemblage des marches et contremarches d'un escalier à limonsLes assemblages de ces limons, indépendamment du boulon qui les relie, sont encore maintenus par des plates-bandes en fer entaillées et vissées ; des boulons d'écartement placés de distance en distance au-dessous des marches et allant du dehors d'un limon au dehors de l'autre donnent de la résistance à tout l'ensemble. Quand l'escalier n'a qu'un limon, l'autre extrémité est scellée dans le mur.

Fig. 1452. Assemblage des marches et contremarches d'un escalier à limons.

Fig. 1453. Projection horizontale d'une partie d'escalier à crémaillère appelé aussi escalier à l'anglaise, ou demi-anglaise ; celui à l'anglaise étant à marches massives.

La crémaillère est projetée verticalement à la ligne de terre LT qui est parallèle à la projection horizontale

Les marches qui sont profilées en bout portent une entaille afin de ne pas affaiblir la crémaillère dans cette partie ; la marche 2 qui est ponctuée fait voir cette construction.

Élévation d'une partie d'escalier à marches massives ou coupe de pierre appelée escalier anglais.Les crémaillères sont assemblées et maintenues comme les limons.

Fig. 1454. Élévation d'une partie de crémaillère vue dans le jour de l'escalier.

Fig. 1455. Élévation d'une partie d'escalier à marches massives ou coupe de pierre appelée escalier anglais.

Fig. 1456. Élévation géométrale d'un escalier à marches massives.

Les marches de ce genre d'escalier sont profilées en bout et débillardées en dessous pour former plafond ; la coupe se fait sans gauche dans la longueur de la marche et d'équerre au rampant du plafond à l'aplomb de la ligne du giron ; elles sont généralement scellées d'un bout dans les parois de la cage, l'autre bout restant suspendu ; celles en bois sont maintenues par des clefs ou des boulons qui les relient de deux en deux, ce qui oblige à les placer sur deux rangs.

Élévation géométrale d'un escalier à marches massivesLes plafonds des escaliers sont faits quelquefois en bois ; les chaires à prêcher en offrent des exemples. Ils sont le plus souvent en plâtre et faits sur un lattis disposé en dessous des marches. Dans les escaliers circulaires et dans ceux à marches tournantes, les plafonds sont des surfaces gauches.

Il se fait aussi des escaliers en fer et en bois. Dans ces escaliers, les limons ou crémaillères, ainsi que les contre-marches, sont en tôle et réunis entre eux par des fers cornières; les marches sont en bois et maintenues par le même système.

Il s'en fait également qui sont tout en fer ; la marche et la contre-marche, fondues d'une seule pièce, sont réunies par des boulons dans des saillies ménagées à cet effet. (Voy. limon, marche, palier, rampes etc.)